Je suis devenue une carolo
- ZOH

- 16 déc. 2022
- 3 min de lecture

L'une des villes les plus sous-cotées de Belgique, c'est bien Charleroi. Je l'avoue, moi aussi, j'ai fait partie de ces gens qui regardaient les Carolos avec une moue moqueuse mais tout à changer lorsque j'ai dû commencer à la fréquenté. Croyez le ou non, partir vivre à Charleroi à changer ma vie. Le soucis c'est que maintenant, on me regarde aussi avec un air narquois.
“J'ai retrouvé une partie de moi qui s'était enfuie depuis longtemps et l'ironie dans tout cela, c'est qu'elle s'était caché à Charleroi.”
Quand j'ai décidé de quitter médecine je ne l'ai dit à personne. J'avais besoin de courage pour sauter le pas et il en aurait fallu de peu pour me convaincre de rester.Dis comme ça, j'ai l'impression d'avoir fui sans regarder derrière moi.
Tout c'est fait très vite, en moins d'une semaine j'étais inscrite et le lundi suivant je commençais mon nouveau cursus. J'avais choisi sciences informatique orienté sciences de la santé et du vivant car ce fut un coup de foudre. J'avais toujours trouvé les femmes en infos bad ass et cultivais moi-même en secret l'envie d'un jour devenir une informaticienne de renom (fin, plutôt une hackeuse de renom mais ce n'est qu'un détail).
Donc, je venais d'entamer mes études de rêves, l'inconvénient c'est qu'elles étaient à Charleroi.
Je me suis toujours considérée comme une Bruxelloise, une vraie de vraie. On m'a dit que j'en ai même l'accent, pour dire. Je me suis habituée au confort qu'apporte la ville : avoir tout à proximité, les transports en commun régulier (j'insiste sur le régulier) et rapide, des activités partout et je vous laisse continuer la liste.
Si vous m'aviez vu débarquer à la gare de Charleroi Sud vous auriez ri. Avant d'aller à la conquête de Charleroi, il fallait déjà que j'apprivoise leur dragon pour me déplacer Aka la TEC. À l'heure actuelle, je ne l'ai toujours pas apprivoisé mais si ça peut vous rassurer j'ai appris des techniques pour mieux la dompter.
Ma deuxième épreuve fut la découverte de mon campus et encore c'est un bien grand mot pour le bâtiment ou se trouve mon université. Que ne fut pas ma surprise lorsque je découvris qu'il était constitué d'un parking se trouvant à coté d'un hôpital vous direz que ce dernier détail ne me changeait pas trop du campus de Woluwe et je vous répondrais que vous avez raison avec un sourire penaud. Au-delà de ça le campus de Charleroi est un mini- campus composé, à l'époque, d'une dizaine de personnes, cela n'a pas changé jusqu'à maintenant, d'ailleurs. On peut dire qu'on a un accompagnement au TOP ce qui est un réel luxe.
D'ailleurs, je suis même devenue ambassadrice de ce bachelier, il faut bien que je fasse mon job même si c'est sur mon blog personnel.
Pour le reste, je me suis adaptée. Il n'y a toujours pas grand-chose à faire et cette ville est tout le temps en travaux ou en grève mais les gens sont gentils et sans jugement.
Quand j'ai décidé de partir, j'ai eu l'impression de tout recommencer à zéro et je n'en avais pas le courage. Bien que ce soit pour aller à la poursuite de quelque chose de bien meilleur pour moi, je le vivais comme un échec et la petite voix dans ma tête, ne cessait de questionner ce choix. Il fallait que je retrousse mes manches, que je fasse confiance à mon intuition et que j'ai un peu de foi.
Pour être honnête avec vous, j'ai beaucoup pleurer le premier mois. Je ne savais pas ce que je foutais là mais avec le temps la peine s'est estompée, les doutes se sont dissipés et je me suis retrouvée. J'ai retrouvé une partie de moi qui m'tait enfouis depuis longtemps et l'ironie dans tout ça, c'est qu'elle s'était caché à Charleroi.
Cette ville est en pleine reconstruction et moi aussi, elle a été une sorte de refuge dans laquelle j'ai pu grandir. Elle fait partie de moi. C'est avec plaisir que je m'identifie aussi comme Carolo, maintenant.



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